" Je crois même avoir dépassé la limite du pessimisme , j'ai peur . Je me répète , mais j'ai peur de la vie , peur de continuer ... "Je marche vite, trop vite. Les bras le long de mon corps, une chose brûlante dans ma poche. Je cherche, encore et encore, cette sale. D145. Mon pouls accélère, des questions se posent. Pourquoi en arriver jusque là ? Aucune idée. Mieux valait ne pas réfléchir, dans un moment aussi crucial. Il va payer. Ils vont tous payer pour ce qu'ils ont fait. La voilà, enfin. J'entre, il fait noir. Une projection sur un mur blanc, un cour d'SVT. Le professeur me questionne :
- Vous cherchez quelque chose ? Je peux vous aidez ?
Je me tais, j'avance sans réfléchir. Il est censé être là. Mes yeux cherchent à toute allure. Un élève se lèvent, me demandant sur un ton agressif si j'ai un problème. Je le bouscule, puis le dépasse. Il m'assène un léger coup de point sur l'épaule, puis je me retourne, amère :
- Ne recommence pas, s'il te plait, je ne veux pas faire ça ...
Il se tait, me regarde béat, puis fronce les sourcils. Il lance des insultes, et je commence à me sentir menacée.
- Stop, pitié, arrête, ou sinon ...
Il a un air insolent. Il me questionne "sinon quoi ?". Qu'il est arrogant. D'un coup éclair, je sort mon arme, et je tire, les yeux fermés. Il tombe à terre, un fille est touchée, aussi. Je ne voulais pas en arriver là. Non, je ne suis pas un monstre, je n'ai pas voulu ... mais pourtant. Une larme coule sur ma joue, le élèves crient, et se réfugient en petits groupes. Je sort de la salle obscure, retournant dans les couloirs. Il n'était donc pas dans cette classe. Le lâche. Je cours. J'échappe à mon destin. Au coin de cette allée, un chariot de cantine. Des pleurs, juste derrière. Il est là, il m'attends, incontestablement. Accompagné de la chose qui lui sert de copine, il pleure. Vulnérable. Et je souris, heureuse, juste heureuse. Il est là, à ma merci, et à tout moment, je peux lui faire regretter. Je l'attrape par les cheveux, tandis qu'il me lance des "pitiés" incessants. Sa voix suppliante résonne. Encore et encore ... Stop.
- Excuse toi, et tout sera finit, vite !
Au fur et à mesure, ma voix devient menaçante. La folie me guette, elle rôde. Je le bouscule, puis lui assène des coups de poings. Il l'a mérité ... Un liquide rouge se répand, partant de ses tempes. J'oublie tout, je ne vois plus rien. Mes doigts sont nerveux, me suppliant d'en finir. Une voix nouvelle résonne dans ma tête.
- Lâchez cette arme, police.
Je me tourne, et pleure, me met à genoux, et pleure. Ma haine, ma tristesse. Je voulais juste qu'il me respecte, juste lui faire un peu peur ... Je brandis l'arme sur mon coeur, appuie sur la gâchette.